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Partenaire du développement du Nord

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Le mardi 2 juillet 2013

La Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador

Partenaire du développement du Nord

Par Pierre Bastien

Il me fait plaisir de collaborer à ce magazine portant sur le développement du Nord québécois. Comme bien des projets nordiques sont développés sur les territoires de communautés autochtones, j’aborderai dans mes chroniques les différents enjeux liés à ce développement, mais selon un point de vue autochtone. J’essaierai de plus de démystifier certains préjugés et mythes tenaces dont les Premières Nations sont encore bien souvent la cible lorsqu’on parle de développement économique et de marché du travail.

 

Tout d’abord, les organisations des Premières Nations étant souvent méconnues de la population non autochtone, j’ai décidé que pour ma première chronique, une courte présentation de notre organisation, la CDEPNQL, est de mise, histoire de tout mettre en place pour les chroniques à venir. J’aborderai aussi certains enjeux d’intérêt pour notre organisation en matière de développement nordique.

 

Créée en 2000, la CDEPNQL est l’une des commissions chapeautées par l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). Les services offerts par la Commission ne s’adressent pas directement aux membres des Premières Nations, mais plutôt aux agents de développement économique communautaire (ADEC) des 43 communautés du Québec, à l’exception des communautés inuites. Elle a d’ailleurs pour mission de former, d’informer et de soutenir ces ADEC afin qu’ils puissent avoir les outils et compétences nécessaires pour accompagner à leur tour les entrepreneurs de leurs communautés. La CDEPNQL veille aussi à ce que leurs intérêts soient représentés auprès de l’Assemblée des Chefs de l’APNQL et des instances gouvernementales fédérales et provinciales. Finalement, la CDEPNQL fait de la recherche et du développement afin de définir quels sont les besoins des communautés en matière d’outils et de mécanismes de développement et en mettant tout en œuvre pour qu’ils soient développés. Parmi ses récentes réalisations, l’on peut noter la création du Réseau d’affaires des Premières Nations du Québec (RAPNQ) en 2010. En bref, le RAPNQ est le seul réseau d’affaires propre aux membres des Premières Nations, mais il est quand même ouvert aux gens d’affaires allochtones qui travaillent ou veulent travailler avec les Premières Nations. Le Réseau offre à ses membres des formations, du soutien et de l’accompagnement et un service d’avis juridique. Des événements alliant la présentation de conférences et le réseautage sont aussi organisés à l’intention des membres et de la population en générale.

 

Notre organisation représentant les intérêts de tous les agents de développement économique communautaire, il va de soit que le développement nordique présente plusieurs enjeux dont nous devons tenir compte. J’en présenterai brièvement quelques-uns dans cette chronique et les détaillerai davantage dans celles à venir. La création de partenariats entre entreprises autochtones et non-autochtones et l’équité en matière d’emploi est selon moi l’un des principaux enjeux de ce développement. Il est facile de promettre des emplois aux Premières Nations lors de la signature de contrats, mais par la suite, il est important de s’assurer que les emplois soient créés, viables et équitables. Un autre enjeu, fortement en lien avec le premier, est celui de l’obtention de la formation appropriée dans les délais prévus dans les ententes. Bien souvent, les ententes conclues prévoient une offre de formation aux personnes qui occuperont les nouveaux postes. Malheureusement, il arrive que ces formations ne soient pas appropriées ou qu’elles soient offertes aux travailleurs une fois que le projet est débuté, ce qui ne leur permet pas d’en tirer pleinement profit. Les promoteurs des projets nordiques doivent aussi être en mesure d’assurer une continuité aux projets qu’ils développeront une fois que la phase d’exploitation sera terminée. À ce moment, tous les travailleurs du Sud retourneront chez eux, mais les membres des Premières Nations auront quand même besoin de travailler. Dans un aspect plus juridique, les négociations territoriales avec les deux gouvernements devront être finalisées, de même que les négociations liées aux dividendes résultant de l’exploitation des ressources. Pour terminer, les aspects fiscaux relatifs aux Premières Nations devront être régularisés avec l’Agence du revenu du Canada et Revenu Québec.

 

C’est donc dire que nous aurons beaucoup de matière à discussion dans les prochains numéros du magazine!

 

Directeur général de la CDEPNLQ depuis 2002, Pierre Bastien est membre de la Nation huronne-wendat. Au cours de sa carrière, il a contribué au développement de plusieurs grandes organisations des Premières Nations. 

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