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Les Algonquins veulent négocier un traité moderne

Le vendredi 23 août 2013

Solidaires, les chefs de cinq communautés algonquines invitent officiellement les gouvernements du Québec et du Canada à négocier de bonne foi avec eux un traité moderne qui reconnaîtra leur autonomie sur leur territoire.

Les Algonquins veulent négocier un traité moderne

Trois d'entre eux étaient réunis à Pikogan, le 19 août, afin de signer une lettre conjointe qui sera transmise aux deux paliers de gouvernement concernés. Plusieurs membres de chacune des communautés ont appuyé cette démarche qui vise à les doter d'une entente semblable à la Convention de la Baie James et la Paix des Braves avec les Cris.

«On veut l'autonomie totale pour nos communautés, a indiqué Bruno Kistabish, chef de la Première Nation Abitibiwinni de Pikogan. On veut l'autonomie sur notre territoire pour l'éducation, la santé, la police, le développement économique, les ressources naturelles, etc. On veut mieux servir nos membres et leur offrir un avenir sain dans le respect des traditions et coutumes Anishnabeg.»

«Le système actuel nous dit ce que les gouvernements vont nous donner comme services. Ce n'est pas à nous de décider. On a plus de besoins aujourd'hui et les gouvernements fédéral et provincial n'y répondent plus adéquatement. Nous sommes ici depuis plus de 8000 ans, nous avons droit aux richesses sur notre territoire», a renchéri Jerry Polson, chef de la Première Nation de Long Point de Winneway, au Témiscamingue.

Porte ouverte aux autres communautés

Les conseils d'Abitibiwinni, de Long Point, de la Nation Anishnabe de Lac-Simon, des Anicinapek de Kitcisakik et de Wahgoshig en Ontario ont formé le Comité Anishnabek O Takiwan (territoire anishnabeg). Celui-ci a pour mandat de négocier en leur nom. «La porte est ouverte aux autres communautés Anishnabeg de l'ouest du Québec (Timiskaming, Wolf Lake, Eagle Village et Kitigan Zibi) qui voudraient se joindre à nous», a précisé M. Kistabish, qui souhaite que les Algonquins s'adressent aux gouvernements d'une seule voix et d'une voix forte.

Les cinq communautés participantes souhaitent négocier sur plusieurs thèmes, dont l'autonomie gouvernementale, le contrôle du territoire et leurs droits sur leurs territoires situés sous la juridiction de la Convention de la Baie-James. Elles souhaitent discuter entre autres de la constitution d'un Conseil de la santé et des services sociaux, d'une Commission nationale de l'éducation, d'une Régie régionale de police, d'une politique environnementale du territoire, d'une Corporation du développement économique, d'un système de justice, etc. Les communautés demandent que l'entente soit négociée sur une période maximale trois ans.

Les communautés impliquées dans cette démarche regroupent 4555 membres, pour la plupart situés en Abitibi-Témiscamingue.

 

Source: Martin Guindon, Abitibi Express

Photo: Martin Guindon

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