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Réaction à la chronique sur l'immigration : une analyse idéologique

Le vendredi 12 août 2022

À la suite de la publication de la chronique de Pierre Fortin dans L'actualité, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) souhaite apporter quelques précisions et rectifier les faits. Le CPQ est surpris qu'un économiste reconnu s'attaque à lui pour manque de rigueur

Réaction à la chronique sur l'immigration : une analyse idéologique

« Aujourd'hui, M. Fortin semble hésiter entre deux chapeaux, l'économiste factuel et rigoureux ou le chroniqueur sensationnaliste. C'est un sujet sensible qu'on doit évaluer à travers les analyses et les données statistiques à notre disposition pour ne pas tomber dans la caricature parce que, au final, c'est l'économie et la population du Québec qui paieront le prix », déclare M. Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ. 

Contrairement à ce qu'affirme M. Fortin, la mise à jour d'Emploi-Québec de 2021 confirme les tendances de 2018 : entre 19% et 22 % des 1?439?200 postes à pourvoir proviendront de l'immigration. Peu importe la période de référence, cela représente à terme près de 300 000 immigrants permanents, comme l'indique le CPQ dans son livre blanc.

Par ailleurs, M. Fortin souligne qu'il est nécessaire de porter une attention à la marge d'erreur. Ainsi, il affirme qu'« en supposant [...] qu'Emploi-Québec ait surestimé en 2021 la hausse de l'emploi à pourvoir d'un plausible et tout petit 0,1 % par année pour la période 2021-2030, on trouve après correction que le nombre estimatif d'immigrants permanents dont le Québec aurait besoin en moyenne de 2023 à 2030 serait de 53 000 plutôt que de 63 000 ». On s'approcherait alors du taux annuel de 50 000 immigrants permanents par année préconisé par le premier ministre.

Si l'on suit la même logique et qu'Emploi-Québec sous-estime la hausse de l'emploi à pourvoir, le nombre estimatif d'immigrants permanents dont le Québec aurait besoin en moyenne de 2023 à 2030 serait de 73 000 plutôt que de 63 000. On se retrouve alors plus près des 80 000 recommandés par le CPQ. Notons que dans sa nouvelle estimation, Emploi-Québec a fait passer la part des emplois futurs à combler par une hausse du taux d'activité de 12 % à 17 %, alors que le Québec connaît déjà le taux d'activité des 25-55 ans (avec 89%) le plus haut au Canada et parmi les plus élevés des pays de l'OCDE. Nous estimons ainsi conservatrice la part attribuée aux personnes immigrantes pour pourvoir les postes vacants présents et à venir.

De plus, M. Fortin affirme que l'apport des immigrants à notre économie est à peu près nul. Ce n'est pourtant pas la conclusion de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur le sujet. En effet, l'OCDE affirme que dans tous les pays, la contribution des immigrés sous la forme d'impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que les pays consacrent à leur protection sociale, leur santé et leur éducation.

M. Fortin soutient également que « les immigrants arrivent souvent avec leurs vieux parents, puis vieillissent eux-mêmes ». Or, selon les statistiques, 14 933 immigrants "Parents ou grands-parents" provenant du regroupement familial ont été admis entre 2009 et 2018 au Québec, soit moins de 3 % de l'immigration totale pour cette période, loin de la tendance avancée par l'auteur.

« Toutefois, l'analyse de M. Fortin vise juste en mettant en doute la capacité du ministère de l'Immigration à pouvoir augmenter sa cadence de traitement des dossiers. Il est évident que de ce côté-là, des changements d'envergure doivent être réalisés pour pouvoir accroître le nombre d'immigrants admis. De plus, on partage la préoccupation d'ouvrir les vannes de façon trop rapide. Cela pourrait attiser la haine et l'intolérance. Évidemment, il faut préserver le climat social et notre ouverture à l'immigration doit être progressive et bien structurée », ajoute M. Blackburn.

Le CPQ rappelle qu'il y a bien d'autres leviers pour faire face à la pénurie de main-d'œuvre comme encourager la formation, l'innovation et la rétention de personnes expérimentées sur le marché du travail. Pour consulter les 10 solutions à la pénurie de main-d'œuvre.


À propos du CPQ :

Créé en 1969, le CPQ est une confédération de près de 100 associations sectorielles et de plusieurs membres corporatifs (entreprises, institutions et autres employeurs). Il représente ainsi les intérêts de plus de 70?000 employeurs, de toutes tailles et de toutes les régions, issus des secteurs privé et parapublic. www.cpq.qc.ca

SOURCE Conseil du patronat du Québec


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