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Mobilité électrique : le mouvement est amorcé, le retour en arrière n’est maintenant plus possible

Le lundi 16 avril 2018

Des forces divisées ne parviendront jamais à s’imposer. Les voix pourront s’élever, mais pour être aussitôt dispersées aux quatre vents sans avoir eu, ne serait-ce qu’un semblant d’écoute. C’est en raison de ce constat que les promoteurs Luc Saumure et Louis Bernard ont pris la décision de créer la première édition du Salon du véhicule électrique qui a eu lieu en mai 2017.

Mobilité électrique : le mouvement est amorcé, le retour en arrière n’est maintenant plus possible

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Équipe de QEQu’est-ce qui vous a incité à la création de cet événement ? 

Luc Saumure  – En tant qu’entrepreneurs, nous sommes toujours à l’affût de nouveaux projets, et l’actualité nous a amené à l’électrification des transports. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis plusieurs années nous prenons de plus en plus conscience du réchauffement de la planète et des effets dévastateurs que cela aura sur nos conditions de vie, celles de nos enfants et des autres générations à venir. 

Louis Bernard – La moitié des gaz à effet de serre au Québec provient du CO2 produit par les transports routiers. Alors notre conscience sociale en tant qu’entrepreneur nous a dicté la voie. Nous nous sommes dit, pourquoi ne pas produire un événement qui inciterait les consommateurs à se tourner vers la mobilité électrique de tout genre. Bien sûr, l’automobile, le camion, et l’autobus font partie de l’équation pour une grande majorité des émissions, mais il y aussi tous les autres modes de transport que ce soient, les scooters, les motos, les VTT, les bateaux, les motoneiges, les voiturettes de golf et plus encore. Toutes ces formes de mobilité ont leur part de responsabilité dans l’émission du CO2.

 

Équipe de QEQuel le principal but de ce Salon ? 

Luc Saumure  –  L’objectif premier de cet événement est de faire comprendre au grand public les bienfaits de l’électrification des transports pour l’environnement, mais aussi qu’ils peuvent réaliser des économies substantielles en adoptant ces modes de transport. Trois journées leur étaient offertes pour qu’ils puissent examiner et comparer les différentes offres, les analyser et même les essayer que ce soit pour les petits véhicules sur notre zone d’essais intérieure ou encore sur notre circuit routier urbain pour les automobiles.

Louis Bernard – L’éducation des consommateurs est primordiale face à ces nouvelles formes de  mobilité et c’est pourquoi le Salon leurs offrait aussi la possibilité de trouver des réponses à leurs nombreuses questions par le biais de plusieurs conférences quotidiennes ou par les nombreux exposants, que ce soit des manufacturiers et concessionnaires automobiles ou de tout autres modes de mobilité, des fabricants de bornes de recharge, des électriciens, des plateformes informatiques pour localiser les bornes, des ateliers de réparations, des différentes associations du milieu, du CAA Québec et plusieurs autres sources de renseignements.

 

Équipe de QEQuel est le constat de ce premier Salon du genre en Amérique du Nord ? 

Luc Saumure – Nous avons eu l’agréable surprise de constater que plus de 29 000 personnes s’étaient préinscrites gratuitement en ligne pour voir et essayer les nouveautés. Cependant, la magnifique température de cette première belle fin de semaine nous a coûté quelques milliers de visiteurs. Nous avons toute de même attiré plus de 18 700 visiteurs. Dès la première minute du Salon, le vendredi 26 mai, les stands des exposants se sont remplis et ils le sont restés jusqu’à la fin, le dimanche 28 mai. On aurait pu croire qu’il y aurait eu ralentissement le vendredi en soirée, mais non, l’achalandage a été constant. C’est un signe bien évident que les Québécois sont vraiment intéressés aux véhicules électriques et que le Salon est là pour rester à long terme.

 

Équipe de QEPourquoi une admission gratuite en ligne ?

Louis Bernard – L’une des principales missions d’un promoteur est d’amener des visiteurs en grand nombre aux exposants présents afin qu’ils réussissent à rentabiliser leur investissement. Nous n’avions pas droit à l’erreur lors d’une première édition. Alors, l’admission gratuite sur inscription en ligne avait deux objectifs précis : de permettre d’avoir un grand auditoire dans le but de faire connaître l’événement et de pouvoir obtenir de l’information pertinente sur nos visiteurs afin d’avoir une démographie précise de qui ils sont.

 

Équipe de QEAlors, comment avez-vous réussi à rentabiliser l’événement ? 

Luc Saumure – Ce qu’il faut savoir, c’est que la rentabilité d’une première édition est très rarement réalisable, c’est un investissement pour les prochaines éditions. Nous tenons toutefois à remercier tous les exposants et commanditaires qui ont rendu possible la réalisation de cet événement.

 


Équipe de QEEst-ce que les gens ont été satisfaits de cette première édition ?

Luc Saumure – La qualité de l’organisation donnait l’impression que ce salon était présenté depuis de nombreuses années. Rien n’a perturbé le plaisir des visiteurs, tout était réglé au quart de tour près, dans les moindres détails. À preuve, même l’allée centrale attirait l’attention : alors que les tapis des différentes allées étaient verts, celui de l’allée centrale était gris, comme de l’asphalte, avec du lignage jaune continu au centre et du lignage blanc sur les côtés, comme une rue ou une route. Les résultats étant au-delà des espérances, les exposants en ont eu pour leur argent; les organisateurs se sont d’ailleurs empressés de « signer » les premiers exposants de l’édition 2018 dès le dimanche. 

Louis Bernard – La soixantaine de stands et la quarantaine de conférences ont su attirer la sympathie de ces milliers de visiteurs assoiffés de savoir. On sent que le Québec est tout juste au fil de départ d’une révolution dans le transport de particuliers. La masse critique d’usagers de l’électromobilité est à portée de vue. Le gouvernement du Québec aura peut-être un peu de difficulté à atteindre son objectif de 100 000 autos électriques au Québec pour 2020, mais la croissance permet d’espérer que ce chiffre sera atteint dans un délai raisonnable.

 

Équipe de QELes différents paliers de gouvernement présents lors des allocutions ont sûrement contribué financièrement ?

Louis Bernard – Bien que les représentants des trois paliers de gouvernement étaient sur place pour faire des allocutions, le Salon est né uniquement des suites du travail et des investissements de deux passionnés. Pas un seul sous de subvention; seules les organisations qui se donnent une structure sans but lucratif ont droit à l’aide publique, comme quoi, oui, une entreprise du genre Bombardier a le droit de réaliser des bénéfices, mais lorsqu’il s’agit d’évènements, il semble être un bien gros péché qu’une entreprise privée encaisse un profit. 

Luc Saumure – Il est plutôt surprenant que le gouvernement du Québec fasse la promotion du véhicule électrique mais se tienne à l’écart, ou presque, d’un évènement comme le Salon – oui, le gouvernement y avait un stand, sans plus. La ville de Montréal y était aussi, via un stand de MCE (Montréal, c’est électrique) pour faire la promotion de la Formule E, et Hydro-Québec via son stand du Circuit Électrique. Quant au gouvernement fédéral, sa seule présence était celle du ministre des transports, Marc Garneau venu faire faire une allocution à la matinée des médias. La foule de québécois s’étant donné rendez-vous au Salon aurait pourtant justifié un coup de pouce de la part des gouvernements, ce qui aurait permis au Salon d’avoir les budgets pour attirer encore davantage de visiteurs.

 

Tel qu’énoncé en entrée de jeu, des forces divisées ne parviendront jamais à s’imposer. Nous croyons fermement que si tous les intervenants de l’industrie, aidés bien sûr des différents paliers gouvernementaux, travaillent ensemble à faire la promotion de la mobilité électrique, nous arriverons à atteindre les objectifs établis par nos élus et du même coup diminuer les GES dont les émissions de CO2 sont en grande partie responsable.

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