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Dans la série : LES GRANDS CONSTRUCTEURS D’ICI

Le mercredi 19 juin 2019

On connaît peu les grands constructeurs du Québec.  Nous corrigeons cette lacune en vous proposant une série de textes soulignant les mérites et les réalisations des plus importants d’entre eux. 

 Michel Cholette

Dans la série : LES GRANDS CONSTRUCTEURS D’ICI

Le pionnier

  

Par Gilles Ouellet

 

Michel Cholette a toujours été un innovateur.  C’est lui qui a réalisé le premier projet TOD au Québec, a construit les premiers condos en banlieue, les premiers condos en béton de Laval, le premier immeuble en hauteur de Griffintown…  Il a inventé une nouvelle façon de fonctionner en immobilier.  De plus, il a été le premier à regrouper la publicité de plusieurs projets afin d’en augmenter l’efficacité.  Et on pourrait continuer encore longtemps. 

  

G. O.  Comment avez-vous débuté en immobilier ?

 

M. C. – Plus jeune, j’étais comptable et directeur des finances pour diverses entreprises.  Un jour, j’ai réalisé que les vendeurs faisaient plus d’argent que moi.  J’ai donc décidé de me lancer dans la vente.  Je me suis aperçu que j’aimais ça, la vente.  J’ai vendu des pneus, des tapis, toutes sortes de choses.  Un peu plus tard, j’ai eu l’idée de regrouper les marchands de tapis.  C’est devenu Expansol. J’ai fait la même chose dans le secteur des bijoux, de la plomberie, des caméras, etc.

 

G. O. – On est loin de l’immobilier, là

 

M. C.  – J’y arrive. Mon frère Bruno avait une compagnie de matériaux de construction.  Je lui ai demandé si je pouvais m’occuper de la vente du bois de finition.  Un an plus tard, c’est moi qui générais le plus gros chiffre d’affaires.  À ce moment, Jacques Morin, qui construisait des petits immeubles locatifs, m’a demandé de le financer.  J’ai dit oui et nous sommes devenus Cholette-Morin.  Nous avons construit des immeubles locatifs à Saint-Eustache, à Bois-des-Filion, à Sainte-Thérèse, partout sur la Rive-Nord.

 

G. O. – Seulement des immeubles locatifs ?

 

M. C. – Non.  J’avais entendu parler des condos au centre-ville de Montréal et j’ai essayé ça sur la Rive-Nord.  Cela a été un succès instantané.  Je me suis dit que cela marcherait aussi sur la Rive-Sud.  Comme mon partenaire ne voulait pas construire de l’autre côté du fleuve, je me suis associé à André Pépin, un architecte, et nous avons lancé Cholette-Pépin.  Ensemble, nous avons construit des condos et des projets immobiliers à Varennes, à Candiac, à Saint-Hubert.  En fait, je ne le réalisais pas à l’époque, mais je venais de lancer une nouvelle façon de fonctionner.  Après quelques années, je dirigeais plusieurs compagnies : Cholette-Théberge à Laval, Cholette-Houde dans le West-Island, Cholette-Foley-Lapointe à Bromont, Cholette-Turgeon à Sainte-Julie…

 

G. O. – C’était devenu énorme !

 

M. C. – Oui et à ce moment, au lieu de laisser chaque groupe s’occuper de sa publicité, j’ai décidé de tout regrouper sous le nom de Groupe Cholette.  Pendant que mes associés construisaient, je m’occupais du marketing, de préparer les dépliants, d’engager les vendeurs.  À mon bureau, j’avais des graphistes, des rédacteurs, des architectes.  Tout se faisait à l’interne.

 

G. O. – Un succès sur toute la ligne.

 

M. C. – Oui et avec le succès, je suis devenu encore plus ambitieux.  Avec la FTQ, j’ai construit le premier immeuble en hauteur de Griffintown.  Avec Devimco, j’ai lancé le projet de condos du DIX30 à Brossard.  J’ai construit le Cosmopolis à Laval, le Martingale sur le boulevard Saint-Martin, l’hôtel Zéro 1 à Montréal.  Mais je n’ai pas toujours eu le succès espéré.  Ma façon de fonctionner a toujours été de donner une poignée de main.  Mais avec des partenaires plus importants, il fallait signer des contrats de 2 pouces d’épaisseur.  C’était devenu trop lourd, trop complexe.  J’ai perdu le goût de m’impliquer, j’ai perdu le feu sacré.

 

G. O. – Ceci dit, quels sont les plus grands succès du Groupe Cholette ?

 

M. C. – Il y en a plusieurs.  Le Cosmopolis de Laval, le premier immeuble en hauteur de Griffintown, les condos du DIX30, l’hôtel Zéro 1 du centre-ville de Montréal…  Au cours de ma carrière, j’ai construit plus de 7 000 unités d’habitation dans 27 villes différentes. 

 

G. O. – Wow !  Mais quelles sont les choses dont, personnellement, vous êtes le plus fier ?

 

M. C. – Mes pairs et mes concurrents ont reconnu mes mérites.  C’est rare dans le milieu.  J’ai été nommé au conseil d’administration de l’APCHQ et j’ai été élu président en 2004 et en 2005.  J’ai aussi été nommé au conseil de l’APCHQ provincial et ensuite, j’ai été élu président en 2007. 

 

G. O. – Et que réserve l’avenir au Groupe Cholette ?

 

M. C. – J’ai pris ma retraite.  Le Groupe Cholette continue d’exister et c’est mon fils Philippe qui a pris la relève.  Maintenant, c’est lui qui dirige l’hôtel Zéro 1, qui est devenu un hôtel-boutique de renom.  Situé tout à côté du Quartier des spectacles, il attire des célébrités de partout dans le monde et même, il a été choisi pour de nombreuses productions hollywoodiennes.  Peut-être que dans 20 ans, Cholette sera un grand nom de l’hôtellerie.

 

Quant à ma fille Justine, elle est courtier agréé et possède sa propre entreprise, Cible Immobilier.  En résumé, on peut dire que les réalisations du Groupe Cholette sont ma fierté, mais mes enfants sont mon orgueil.


  

Gilles Ouellet est président du Groupe Solutions, Marketing immobilier inc.  L’entreprise est reconnue pour la rigueur, la profondeur et l’exactitude de ses études de marché.  Notamment, ce sont les seules à tenir compte des facteurs irrationnels, aussi importants que les critères objectifs dans le choix d’une future habitation.

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